Angleterre – Nouvelle-Zélande : la passe aux dix !

Angleterre – Nouvelle-Zélande : la passe aux dix !
Chose rare sur un terrain ils seront quatre ouvreurs de formation au coup d’envoi sur la pelouse. Deux de chaque côté, décryptage du phénomène

On aurait pu les croire condamnés à être des seconds couteaux dans l’ombre de deux des meilleurs joueurs du monde mais leurs sélectionneurs en ont décidé autrement. Eux, ce sont George Ford et Richie Mo’ounga, respectivement barrés au poste de demi d’ouverture par Owen Farrell et Beauden Barrett. Mais, Eddie Jones et Steve Hansen rivalisent d’idées lorsqu’il faut associer des paires de 10. Avec Farrell le physico-tactique, Jones a mis Ford, le méthodique, dans une composition on ne peut plus classique de paire 10-12, tout ce qu’il y a de plus classique avec un premier centre que l’on appelle le 5/8e, soulageant l’ouvreur par son jeu au pied. Mais, dans le cas de cette paire Ford/Farrell, c’est une association complémentaire et à égalité. Farrell de par son gabarit plus lourd (1m88, 92 kg) peut venir pour attaquer la ligne plus souvent que Ford (1m75, 84 kg) qui lui sera plus un organisateur capable de prendre la décision en un fragment de seconde. Non pas que Farrell en soit incapable mais si deux joueurs gagnent 0.5 seconde en une action, une fois le ballon arrivé sur l’aile le décalage d’une seconde est rédhibitoire, notamment à ce niveau-là.

Des Blacks au format 10-15

En face, les All-Blacks se présentent avec deux ouvreurs mais l’un en 10 et l’autre à l’arrière. Richie Mo’ounga auteur d’une très grande saison en SuperRugby (championnat des franchises néo-zélandaises, sud-africaines, australiennes, japonaise et argentine) offre une régularité non négligeable dans l’exercice du tir au but. Peut être le seul point faible de son compère Beauden Barrett, repositionné à l’arrière. Barrett dont le sélectionneur Steve Hansen ne peut se passer. Élu meilleur joueur du monde par World Rugby en 2016 et 2017, le kiwi est un vrai facteur X. Ses qualités de vitesse et de timing sous les ballons hauts lui permettent d’être facilement replacé à l’arrière. Mais, contrairement aux anglais qui jouent souvent avec une chaîne Ford/Farrell (les deux joueurs jouent l’un après l’autre dans la ligne d’attaque), le duo néo-zélandais à tendance à jouer en dualité. C’est-à-dire qu’il offre deux solutions au demi de mêlée, notamment sur les rucks assez centraux sur le terrain. Afin de déstabiliser les défenses, la paire crée un déséquilibre qui empêche la défense adverse de s’organiser correctement et de monter d’un seul côté du terrain. Ce choix permet souvent aux Blacks d’être en surnombre numérique quand le bon côté est choisi, soit, la majorité du temps avec ces orfèvres du jeu.

Les deux meilleurs joueurs du monde sur la pelouse

La capacité de ces quatre joueurs à éviter les forces de dissuasion adverses sera au cœur du jeu quand on connaît la force de frappe des deux 3e lignes de chaque côté. Mais, on peut réduire également cet affrontement à une opposition Farrell/Barrett.

Et si on se focalise uniquement sur ces deux joueurs. Nous avons la promesse d’assister à un magnifique duel à distance entre les deux meilleurs joueurs du monde, à l’heure actuelle, repositionnés à l’arrière et au centre mais qui seront sûrement les clés du match. Farrell par sa maestria alors que Barrett oppose sa vitesse. Un duel à haute altitude, où l’oxygène se fera rare et au cours duquel les deux joueurs se feront un plaisir de régaler les aficionados de la balle ovale.

News associées